Exode (sur l’air de Une Chanson douce)

Exode


(sur l’air de Une chanson douce)

La nuit est très douce
Et la lune un peu voilée.
Tu t’en vas en douce,
Surtout pas les réveiller…

La pirogue arrive
Et vous vous précipitez.
Pas une seule voix vive,
Que des ordres chuchotés.

Le passeur est là qui vous attend.
Il vous entasse comme des voyous.
Ouh, ouh, ouh, ouh…

Dans trois heures le jour se lèvera
Et tu seras bien loin déjà.
La, la, la, la...

Adieu la misère,
C’est du moins ce que tu crois.
Ici c’est l’désert,
Tu n’as pas vraiment le choix

La nuit est très douce
Et la lune un peu voilée.
Tu penses à ta douce
Et à sa peau satinée.

Quel joli village où tu vivais
Avant que l’eau claire ne soit salée
Eh, eh, eh, eh…

Par un barrage qui tout mélangea
Le fleuve, la mer, les graines, le bois
La, la, la, la...

La rive d’Afrique
Bientôt va se saborder.
La rive ibérique,
Pourras-tu y aborder ?

Tu penses à tes pères,
Capturés et enchaînés
Dans de grandes galères
Menées par des négriers.

La chair humaine de tes pères
En or noir fut monétisée,
Hé hé hé…

Hier, Gorée, Ouidah ou Elmina,
Aujourd’hui, Saint-Louis ou Nouadhibou,
Ouh, ouh, ouh…

Et vogue la galère,
Pourquoi cette fatalité ?
Au diable la misère,
Toi, tu vas te révolter.

L’aurore est très douce
Et l’espoir s’est dévoilé.
Tu penses à ta douce
Et à sa peau satinée.

Tu penses à ta douce
Et à sa peau satinée.

Josiane Thibault

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