L’Estaca (sur l’air de l’Estaca)

L’Estaca

Ce matin, sous son vieux béret,
Cachant son regard fatigué,
Mon vieux copain me parlait
Racontant toutes ces années.
L’ami as-tu vu ce boulet
Auquel nous sommes tous enchaînés ?
Si jamais nous ne l’arrachons
Jamais nous n’avancerons.

Tirons très fort, la chaîne rompra
Ça ne sera pas long, crois-moi.
C’est certain qu’elle se brisera.
Elle est déjà rouillée, tu vois.
Si je la tire fort par ici
Et si tu la tires fort par là,
C’est certain qu’elle se brisera
Et sûr qu’on se libérera.

Ça fait longtemps que je la tire,
Mes mains sont toutes lacérées.
Mais quand mes bras capitulent,
Elle est plus lourde et plus tenace.
Même si cette chaîne est rouillée,
Je n’en peux plus de la tirer
Et souvent mes bras capitulent.
Chante-moi encore ta chanson :

Tirons très fort, la chaîne rompra
Ça ne sera pas long, crois-moi.
C’est certain qu’elle se brisera.
Elle est déjà rouillée, tu vois.
Si je la tire fort par ici
Et si tu la tires fort par là,
C’est certain qu’elle se brisera
Et sûr qu’on se libérera.

Mon vieil ami ne chante plus,
Un vent mauvais l’a emporté.
Il n’a pas pu lui résister.
Je rest’ seul face à tout ça.
Et quand passent les béni-oui-oui,
Je dresse la tête pour chanter
Ce que le vieux nous a légué
Les derniers mots qu’il chantait.

Tirons très fort, la chaîne rompra
Ça ne sera pas long, crois-moi.
C’est certain qu’elle se brisera.
Elle est déjà rouillée, tu vois.
Si je la tire fort par ici
Et si tu la tires fort par là,
C’est certain qu’elle se brisera
Et sûr qu’on se libérera.

Josiane Thibault

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