Les cartes postales de Josiane Degroot

On envoie des cartes postales à nos proches ou à nos amis pour partager avec eux les plus beaux moments de la vie. Mais Josiane Degroot semble sortir de ce schéma. Elle envoie ses cartes postales pour parler des moments moins drôles de l’existence mais avec une touche d’humour pour dédramatiser. Telle est le sentiment que j’éprouve en contemplant son œuvre. Blessures d’enfance, rêves brisés, désenchantement...

Celle qui rêvait d’être princesse, de porter de belles robes de princesse porte aujourd’hui des piercings et des colliers de têtes de mort.

Celle qui s’imaginait être une princesse indienne, courir dans des vastes pleines toute nue, cheveux dans le vent, libre et indomptable se retrouve aujourd’hui avec sa sensualité bridée, cousue de fils rouges.

Celle qui désirait écrire de belles lettres d ’amour à son prince charmant bien-aimé se limite aujourd’hui de lui passer un coup de fil . La conversation s’enroule et se déroule comme des pelotes de laine. Elle tire sur les fils de la marionnette à l’autre bout du fil – l’autre agit, réagit. Lui est une marionnette dans ses mains, elle est une poupée entre les siennes. Une poupée dont le mécanisme est caché derrière une petite porte dans son dos. Il peut la remonter quand il veut.

Au fil de l’eau, l’eau se tarie, au fil des années la petite princesse grandit et se dépouille de ses rêves, elle en fait le deuil. Sa pureté est disparue - la rose blanche est coupée. Sans son parfum délicieux et enivrant, la vie perd son éclat blanc immaculé. Pour voir le monde autrement, la petite princesse porte des lunettes maintenant.

Mais quant on ne voit pas clair c’est difficile de continuer de broder ses rêves et d’enfiler des perles des colliers de princesse. C’est difficile de distinguer une étoile filante dans le ciel . Par contre elle peut maintenant réaliser son rêve d’aller sur la place de L’étoile à Paris. Paris – royaume de la mode, de la haute couture, des podiums. Deviendra-t-elle enfin une princesse malgré le fait que la mort s’est emparée de la rose blanche ?

Svetlana Audin

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