Appel d’air

Pitch

Une femme, victime de harcèlement moral sur son lieu de travail et de déni profond de son essence véritable, décide de reprendre son existence en main et, affrontant les divers obstacles qui se mettent sur sa route, guidée par les éléments magiques de sa vie, met tout en œuvre pour être en accord avec elle-même en embrassant la profession d’écrivain.
Il lui faudra aller chercher au plus profond de son intériorité l’énergie de la délivrance et le courage d’avancer.

Synopsis

Un bureau de Direction dans une grande entreprise du secteur de l’ingénierie énergétique.
Trois personnes.
Le sous-directeur, Julien, un homme d’une cinquantaine d’années, vieux beau, insipide de présence ne vivant que dans le regard des femmes qui se laissent prendre dans ses filets.
En face de lui, Kevin, la trentaine, sosie d’une star de l’athlétisme belge, jeune ingénieur fraîchement engagé pour son look de jeune cadre dynamique, dans une fonction de budgétisation.
A leurs côtés, Sarah, belle brune aérienne, la presque cinquantaine mais en paraissant trente, responsable de la fonction Achats.
Ils attendent, pour débuter leur réunion, le retour du Directeur, Martin, presque retraité, parti aux toilettes.

Julien n’a pas l’humour fin et, probablement mal à l’aise en la présence de Sarah qui résiste à son charme, décoche une remarque pour le moins maladroite en déclarant que le Directeur est parti aux toilettes et que, vu son grand âge, il faut patienter jusqu’à ce que son pantalon sèche.

Sarah, surdouée de naissance, cachant les cicatrices provoquées par le rejet de sa différence, sous le développement de certains talents dont une grande sensibilité allant jusqu’à l’anticipation, dit qu’elle est heurtée par ce commentaire déplacé sur un lieu professionnel.

Sur l’entrefaite, le Directeur, Martin, rejoint ses employés à la table de réunion.
Son bras-droit fait le fanfaron en lui expliquant que Sarah a été heurtée par sa remarque.
Les deux hommes rient à gorge déployée.
Ils attendent des informations précieuses de Sarah, consécutives à sa réunion avec un fournisseur important, mais Sarah se tait longuement en signe de désapprobation.

Elle finit par dire, sans doute maladroitement, qu’elle n’a plus « envie ».
Les deux hommes ou trois, elle ne le sait plus dans son désarroi, lui rétorquent que « eux » ils ont envie.
Sarah ne se lève pas ; elle fait front et essaie de garder son calme mais, en délivrant ses informations, écorche le nom du fournisseur.
Elle se trompe régulièrement sur ce nom et, à chaque fois, Julien qui est son supérieur hiérarchique, insiste sur son erreur.
Cette fois, il ne se contente pas de cela et, tout en regardant Kevin par lâcheté, assène que Sarah pollue lorsqu’elle ouvre la bouche.

La jeune femme est profondément blessée et comprend mieux pourquoi elle dort depuis si longtemps en apnée, mâchoires serrées.
Deux ans déjà qu’elle relève un défi professionnel intense pour lequel on lui promet une reconnaissance mais, non seulement, on lui en demande toujours plus mais on n’écoute pas ses choix stratégiques. Comment peut-elle prouver de manière cartésienne qu’elle suggère de commander en Corée plutôt qu’en Arabie Saoudite. L’inexplicable arrive bien pourtant.
Le langage qu’elle lit se réalise.

Sa seule consolation est l’écriture.
Elle vient d’accoucher d’une genèse littéraire pendant ses vacances, cri d’une femme, écrivain dans l’âme, déversant ses douleurs et croyant en une seconde chance de bonheur.

Elle met tous les atouts de son côté, prenant à présent des cours dans un atelier de la Voix intérieure.
Son professeur veut qu’elle sorte ce cri qu’il pressent dans ses entrailles.
Il lui demande de reproduire, dans des positions corporelles pour le moins étranges, certaines syllabes chantées qu’il accompagne au piano ; mais Sarah a encore peur, peur de la lumière, peur de son destin.

Il travaille avec elle la position corporelle, le retrait de la tête pour laisser le reste du corps s’exprimer, l’ancrage, la présence à soi et au monde.

Habituée à se battre seule, manquant de repère et de réconfort, Sarah est heureuse de cet allié précieux qui l’amène à se dépasser et l’aide à préserver sa créativité mise à mal dans son univers professionnel.

Quelques jours après l’épisode de la réunion, le lendemain d’une séance de chant amenant Sarah à un alignement presque parfait, elle déambule très droite dans le paysager de son entreprise se rendant compte que ses collègues la regardent d’un air étonné.

S’asseyant à sa place, elle pressent une vibration différente autour d’elle.
Ensuite, tout s’enchaîne très vite.
Elle voit ses collègues masculins se lever pour aller faire une photo dans le parc.
Habituellement, elle est au centre de ce genre de photo ; mais ils ne lui demandent pas de les accompagner.
Sarah rejoint le seuil du bâtiment et regarde la scène d’un air désespéré, sa collègue de la Communication photographiant le groupe.
Elle tient la porte lorsqu’ils passent tous devant elle pour réintégrer les bureaux ; aucun ne manifeste le moindre étonnement.
Sarah demande à sa collègue de la Communication qui ferme la marche si la photo concerne le projet sur lequel elle travaille et pour lequel on lui a demandé de revoir sa période de vacances. Cette dernière lui répond par l’affirmative et lui confirme sa volonté de n’oublier personne, exprimée auprès du groupe.

Retournée à sa place, Sarah enfin expectore ce cri sortant de ses entrailles.
Tout son corps exprime la souffrance de se sentir déniée et, seule au monde, incomprise.
Ressentant un coup de poignard violent, elle emporte tout ce à quoi elle tient.

Elle pose un dernier regard sur ce monde où elle donne le meilleur d’elle-même depuis des années mais qui ne veut plus d’elle, condamnant sa différence.

Elle croise son chef juste avant de partir et lui explique son mal-être profond mais celui-ci n’exprime aucune compassion.
Dans un dernier sursaut, Sarah lui assène : « Tu as toujours été terriblement menteur ! ».

Le soir même, elle déambule, brisée, dans les jardins du Château de Jehay, lors d’une nocturne aux bougies, cherchant un sens à donner à sa vie.

Le message corporel est clair : jusque-là, elle fait fausse route.

La doctoresse de Sarah, possédant une formation d’aide aux victimes, comprend l’étendue de la blessure et la nécessité d’un repos de longue durée.

Ce choc professionnel est suivi d’un abandon privé.

Un matin, quinze jours après le drame, elle écrit « dans une goutte de rosée, j’invente le monde » et, l’après-midi, se traîne littéralement à la porte au soleil.

Elle pleure à haute voix et se jette, ventre contre terre, sur une couverture.

Alors, il se produit un miracle : elle sent sa souffrance s’évacuer vers la terre et observe longuement la décomposition de lumière dans les gouttes de rosée.

Elle ne sait combien de temps elle observe comme cela mais cette magie de la Vie l’ancre.

Sarah est en perte d’énergie et rencontre une personne déterminante sur son parcours qui non seulement partage son énergie personnelle avec elle mais l’aide également à guérir ses blessures.

Au cours des mois qui suivent, elle est confrontée à la solitude, à des périodes de doute, à de nouveaux revirements qui éprouvent sa détermination à être en accord avec elle-même mais aussi à de merveilleux moments de grâce qui la conduisent à de plus en plus fréquenter le monde radiophonique et artistique de manière générale.

Sarah travaille également sur son intériorité et sur ses chaînes familiales.
Des réminiscences de son enfance, elle se souvient se cacher sous la table par peur de l’orage en l’absence de ses parents, ce fait étant profondément ancré en sa mémoire comme sa première expérience de solitude.
Elle finit par découvrir, en parlant avec son père, un épisode remontant à un hiver rigoureux de la deuxième guerre mondiale.
Jeune enfant, il est seul à la maison lorsqu’un obus tombe sur l’immeuble d’en face.
De peur, il se réfugie au jardin dans le clapier d’un lapin, une fourchette entre les dents tellement elles claquent. Par la suite, il est terrorisé lorsqu’un orage éclate.

Sarah comprend alors qu’elle a intériorisé la peur de son père et d’où provient sa crainte de l’abandon et de la solitude.

C’est décidé, respirer pour elle est synonyme d’écriture.

La confirmation de son choix judicieux lui apparaît lorsque son texte intitulé « silence » gagne un concours organisé par France Musique.
Elle est installée dans ce studio d’enregistrement, écoutant son texte respirer sur la musique de Dvorak, pur moment de bonheur intégral.
C’est dans ce monde-là qu’elle décide de s’épanouir.

Brigitte Dumont

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