Texte de Véronique Mège Sarek

Jean Victor se souvenait de la salle d’attente du Docteur Germain. La salle est était à moitié pleine ce matin là. Nadine la secrétaire était à son poste comme chaque jour toujours à jongler entres les appels téléphoniques et l’accueil des patients. Elle était belle Nadine du haut des ses 25 ans, blonde, toujours bien maquillée, avenante.
Maurice Peretti était assis là depuis 10 minutes. Retraité de l’armée, il venait pour son diabète. Il était veuf et observait Nadine avec délectations. Mme Chapart, une belle femme de 50 ans, piaffait d’impatience ; Elle devait être arrivée en avance comme d’habitude et se contorsionnait toutes les 5 minutes sur son siège en se plaignant d’avoir mal au dos.
Melle Edwige entra dans la salle d’attente et se présenta à la secrétaire. Elle avait rendez-vous à 10h45 avec le Dr Germain. Elle était fort laide et portait une mini jupe atroce. Mme Chapart la fixa d’un air hautain en se demandant pourquoi une fille aussi laide portait un tel accoutrement.
Elle se rappela au bon souvenir de Nadine, elle lui disant qu’elle avait vraiment très mal aujourd’hui et qu’elle espérait que le Dr était à l’heure.
Nadine qui commençait à connaitre son numéro (Mme Chapart venait tous les mois pour la même chose et rien de semblait la soulager), lui dit que le Dr faisait tout son possible.
C’est à ce moment là que Jean Victor était entré avec Léo. Il devait avoir 5 ou 6 ans tout au plus : ses yeux en amande et son nez rond et ce drôle de je ne sais quoi qui intriguait tous le monde.
L’enfant ne tenait pas en place et semblait mal élevé. Il ne parlait pas et poussait quelques cris.
L’enfant riait sans raison par moment. Jean Victor avait l’air épuisé. Le petit s’était approché de Mme Chapart et avait commencé à déchirer le magazine que celle-ci lisait.
— « Monsieur, tenez votre fils enfin ! » lâcha-t-elle.
Tous les regards étaient braqués sur l’enfant qui poussait des cris de plus en plus stridents. Jean Victor réussi à attirer Léo vers un autre coin de la pièce, mais l’enfant n’y resta pas longtemps et s’approcha de M. Perreti, commença à lui grimper dessus et à lui tirer vigoureusement la cravate. Celui-ci se raidit et tenta de se dépêtrer de la situation, mais le garçonnet était fort et tenait bon. Il tirait de plus en plus fort. Tant et si bien que Nadine se leva pour porter secours à M. Perreti. L’enfant fini par lâcher la cravate bariolée pour les cheveux blonds de Nadine et les agrippa de toutes ses forces.
La situation devenait inextricable sous les yeux médusés des autres patients. Maintenant Mme Chapart continuait à se plaindre de son dos et faisait comme si de rien n’était.
Jean Victor tentait en vain de contrôler Léo : « Léo, arrête, lâche les cheveux de la dame ! »
Rien à faire, il était accroché à la chevelure dorée comme un aigle enserrant sa proie.
Nadine commençait à avoir mal mais gardais le sourire, en lui assurant que cela allait.
Enfin le Dr Germain apparu dans l’embrasure de la porte : sans doute alerté par tout ce raffut.
Voyant que la situation avait dégénérée et que les 2 adultes semblaient incapables de dégager sa secrétaire, il prit une paire de ciseau sur le bureau de Nadine et commença à sectionner la chevelure au-dessus des mains de Léo sous les yeux horrifiés de Maurice Perreti.
« Désolée, Nadine » dit-il « Mais là c’est un cas de force majeure ».
Nadine se retrouva quelque peu scalpée mais libérée de l’enfant.
Mme Chapart s’était levée d’un bon sans plus de considération et se dirigeât vers le Dr Germain.
— « Ah Dr, vous voilà, c’est mon tour ! » lança-t-elle au médecin qui en resta ébahi de surprise.

Véronique Mège Sarek

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