Laurence Kahn

La vieille dame au col roulé blanc qui tient son parapluie dans la main droite. Huguette a 62 ans. Elle habite seule. Pendant longtemps elle a eu un chien mais après sa mort, elle n’en a plus voulu d’autre. Quand elle était petite, il y avait toujours des animaux à la maison. Des chats, un chien et un canari. C’est peut-être pour ça qu’elle aime autant les animaux. Elle est née à Ostende dans une famille flamande, à quelques rues de la digue. Elle pensait vivre là toute sa vie mais quand elle a connu Jules, qui était comptable à Bruxelles, elle l’a suivi à la capitale. Ils se sont mariés à la maison communale de Saint-Gilles et elle n’a jamais quitté la commune, même après son divorce. Elle n’a pas d’enfants. Elle suit les cours de gymnastique aquatique pour le 3ème âge à la piscine Victor Boin et elle s’est fait copine avec plusieurs autres dames. De temps en temps elles vont boire un café ensemble après le cours.

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Texte coécrit avec Dominique Debroux :

Les tissus humains perdurent sous les pavés où la plage de Saint-Gilles respire à longues vagues et inspire quelques fois les poissons de la rue Dethy qui a des tics les jours impairs c’est-à-dire presque chaque fois que Gilles l’astronaute de la place Morichar manges des petits os au rythme de la transformation des commerces, connaissez-vous Saint-Gilles cric crac voilà venir les files d’attente et de détente au parc Paulus suspendu à une liane de paroles sorties tout droit de la droite main du pied levé en l’honneur de la friterie Gilette contour de la Barrière jaune qui clignote entre 13h et 13h05 même les jours de pluie et surtout les jours où quelques voyageurs qui aiment rester à la terrasse de la prison dont les murs s’effritent à la sauce mayonnaise, attention ! elle a tourné autour d’une dans inventée pour l’occasion.

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Texte collectif

Saint-Gilles c’est une place verte aux couleurs bleues, bref c’est une commune arc-en-ciel. Au carrefour de Waterloo la gouttière du numéro 7 s’est défaite. Cette gouttière grise et bleue sur laquelle est inscrit « miaou » en souvenir du gros chat gris qui n’avait jamais attrapé de souris. Ce chat était pote avec tous les animaux à plumes et à poils ce qui regroupe aussi ces fameux artistes de tous poils ceux-là même qui sirotent des menthes à l’eau et des petits jaunes autour d’un damier sur le Parvis. Des badauds y jouent à la pétanque, racontent que le boucher a avalé son pouce à force de l’avoir sucé de long en large les dimanches face à l’église où la victoire s’arrache les dents sur la colline où les crayons dansent. Albert chancelle, Simone sirote à l’abri du garage du poissonnier sous l’œil vigilant d’un athlète en mini short qui travaille depuis des années dans cette fameuse prison. « Qui est Gilles ? » me murmure-t-il. « Va demander à Robert, rue de la Filature. Si pas, tu le trouveras aux Apéros Urbains. Il y déguste une ultime vodka confectionnée par les Polonais amateurs bien connus de mosaïques. »

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