Des marges à la page
Rencontre avec Sabrina Calvo, Camille Pier et Raïssa Yowali — modération Mathieu Bietlot.
Faire entendre des histoires minoritaires
Joyeusement ou hargneusement, les personnes queer prennent la plume, le crayon ou le micro plus explicitement qu’auparavant. La lutte pour la reconnaissance passe aussi par la littérature et la transfigure. Faire entendre des trajectoires mineures, donner à voir des vies scandaleuses, mettre à la page des amours en marges s’avère nécessaire pour effriter le récit majoritaire et ses dominations assourdissantes. Tels des miroirs déformants, ces histoires hors normes reflètent les angles morts d’un monde qui ne les reconnait pas et où il n’est plus possible de vivre sans le transformer.
Quelles formes et genres littéraires mobilisent-iels pour ouvrir l’écoute ? Des genres mineurs, des genres émergeants, des mauvais genres, des genres hybrides ? Des genres choisis ou des genres assignés ? Écrire pour se dire ou devenir en écrivant ? Avoir voix au chapitre en racontant ses histoires ou en inventant ? Si l’intime est politique, il est aussi fictif…
Ouvert à touxtes.
Depuis une vingtaine d’années, elle compose une hybridation de fantasy et de science-fiction, onirique et spirituelle, intime et transréelle. Elle a publié une douzaine de romans dont Toxoplasma (grand prix de l’Imaginaire 2018), Melmoth furieux (2021) et Les nuits sans Kim Sauvage (2024) aux éditions La Volte. En 2025, elle publie son premier livre de poèmes aux éditions du Commun, Mais cette vie-là demande. toujours. plus. de. lumière (prix Gouincourt 2025).
Son art évolue entre écriture, performance, musique, chant et illustration, entre la scène queer, le slam, le cabaret, le théâtre, le stand-up et la littérature… Il a publié deux recueils poétiques, Scandale ! (L’arbre de Diane, 2022) et Feu l’amour ! (Maelström, 2023) et avec la biologiste Leo Palmeira, La Nature contre-nature (tout contre) à partir du spectacle éponyme (L’arbre de Diane, 2016). Il illustre ses poèmes et les livres d’autres auteurices. Sous le nom de Pierre Rococo, il met ses poèmes en musique. Depuis son coming out trans en 2015, son art est devenu artivisme (PrideFestival Brussels, collectif Not Allowed…). Il se tourne vers la magie.
Raïssa Yowali est née à Bruxelles de parents tous les deux congolais. Elle a signé un recueil auto-édité en 2024 D’aussi longtemps que je me souvienne, je me suis pensée au masculin pour embrasser les filles pour lequel elle reçoit le prix du Jury et celui du Public des prix Fintro en littérature francophone. Elle a aussi contribué à plusieurs recueils collectifs dont En Lettres noires aux Midis de la poésie et (Grands)-mères en Lumière chez maelstrÖm.
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PASSÉ !
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