Édito

Pour ne pas changer ou parce que rien ne change, nous demeurons dans l’incertitude. Dans cette situation qui perdure, il nous est difficile de nous accorder avec le malicieux et savoureux René Fallet qui écrivait : « Quant à l’incertitude, il y trouvait son compte également car l’incertitude est la face cachée du bonheur« . L’instabilité, la versatilité et les tâtonnements que nous connaissons depuis bientôt deux ans n’ont rien de ce qui empêche de s’endormir sur ses acquis ou qui réserve de belles surprises. Ils ont au contraire tout pour décourager et paralyser.

Mais nous n’en sommes pas là à la Maison du Livre. Nous refusons de subir ces temps difficiles. Nous les traversons toujours vaille que vaille. Nous y puisons des motifs supplémentaires pour repréciser le sens de notre travail et changer des habitudes qui s’embourbaient. Du changement, nous en avons besoin, ici comme ailleurs. C’est pourquoi, nous avons décidé de prendre le temps de faire face aux temps qui viennent autant que de faire bourgeonner des envies qui grondent et grandissent depuis un petit temps.

Pour ce trimestre, préparant le printemps en coulisse, nous vous proposons alors un programme allégé. Il n’en reste pas moins fidèle à nos engagements contre la barbarie, à nos attachements aux trésors de la littérature et à nos encouragements à vous emparer de vos propres mots, en faisant la part belle à des formes d’expressions qui renouvellent nos coutumes.

Ce Debout les mots !, compressé et parcimonieux en papier, bouscule légèrement les repères de cette publication historique. Ce n’est qu’un début… Un début d’année également que je vous souhaite bouleversante à travers la brume.

Mathieu Bietlot