Semira Adamu : ils ont tué une femme, pas son combat
1998 – 2018 : La Maison du Livre participe à la commémoration de l’assassinat de Semira Adamu
Semira Adamu, décédée à Bruxelles le 22 septembre 1998, était une demandeuse d’asile nigériane de 20 ans qui fut étouffée, à l’aide d’un coussin, par deux policiers belges lors d’une tentative d’expulsion du territoire belge à l’aéroport de Zaventem.
Semira avait fui son pays pour échapper à un mariage forcé. Sa demande d’asile rejetée, elle avait été transférée au Centre de rapatriement 127bis à Steenokkerzeel, d’où elle fut l’objet de plusieurs tentatives d’expulsions forcées par avions de ligne. Les 5 premières tentatives ont échoué, du fait de sa résistance aux violences de gendarmes, à l’intervention de passagers et au refus de pilotes de décoller dans ces conditions. Lors de la sixième tentative, pieds et poings liés, elle a commencé à chanter à l’arrivée des passagers. Conformément aux procédures écrites fixées par le ministère de l’intérieur, les 9 gendarmes l’accompagnant ont alors décidé d’appliquer la “technique du coussin”. Un gendarme la tint alors immobile au moyen d’une prise de combat, un autre lui maintint la tête enfoncée dans deux coussins, les autres faisant écran pour cacher la scène aux passagers. Elle fut maintenue bien qu’elle ait perdu urines et selles durant son étouffement. A la onzième minute, les gendarmes se sont relayés pour maintenir sa tête et ont constaté un arrêt respiratoire.
Trois jours plus tard, Louis Tobback, Ministre de l’Intérieur, annonça suspendre temporairement toutes les procédures d’expulsions forcées programmées et démissionna du gouvernement. Un hommage funèbre, auquel plus de 6000 personnes assistèrent, fut rendu le 26 septembre à la cathédrale Sainte-Gudule à Bruxelles.
Et aujourd’hui ? La liste des victimes, telle la petite Mawda, s’allonge infiniment… Les lois de migration se durcissent encore, les autorités criminalisent la résistance. Aujourd’hui, s’opposer à une expulsion revient à être inculpé.e. C’est en tout cas la volonté du Secrétaire d’Etat à la Migration, Theo Francken.
Et demain ? Comme aux Etats-Unis, découvrir qu’on arrache les enfants migrants des bras de leurs parents, pour les éparpiller à des centaines, voie des milliers de kilomètres, sans documents leur permettant de se retrouver ? Voir des enfants placés dans des cages, et qu’un Président s’en félicite impunément ?
Accepter tout cela ? Parce que nous ne le pouvons pas, durant le mois de septembre, de nombreux lieux culturels s’associent pour proposer, autour de la date du 22 septembre 2018, des activités mémorielles, de sensibilisation mais aussi de réflexion et d’actions.
Au programme : un colloque, des conférences, des films, du théâtre, des lectures, des ateliers d’écriture…
A la Maison du Livre
Vendredi 21 septembre de 18h à 22h
Les Sans et Les Croissants, pièce de théâtre de et par la Voix des Sans-Papiers de Liège. Carte blanche à plusieurs personnalités autour des mots Hospitalité, Frontière, Enfermement. Lectures poétiques et interventions administrativo-absurdes du MEDEX (Musée Ephémère de l’Exil) en lien avec la sortie d’un corpus de textes à la mémoire de Semira, Mawda Shawri et toutes les autres victimes des politiques migratoires européennes.
Samedi 22 septembre de 14h à 16h
Hospitalité ? Frontière ? Enfermement ?, émission de radio en direct de Caroline Berliner et Corinne Dubien avec Radio Passe-Partout (radio inaugurée au Petit Château avec des MENAs) et les Quenouilles (de Radio Panik)
Ateliers d’écritures autour des mots Hospitalité, Frontière, Enfermement. Accessible à tous, animation : Kalame.
Une exposition de photos de Micheline Rabinovitzj sera visible durant les quatre jours à la Maison du Livre.
La Maison du Livre est membre de la Coordination Semira Adamu 2018 constituée par plus de 40 associations, collectifs, syndicats et instituts de recherche. Le programme se déroule aussi à la Maison du Spectacle la Bellone, au PianoFabriek, au cinéma Nova et en bien d’autres lieux.
ÉVÉNEMENT
PASSÉ !
Gratuit




