Laissez parler les p’tits papiers
Au café, je lis les journaux. J’aime le papier journal.
J’aime son odeur et ses photos. Je choisis les photos pour leur composition, leur sujet, leur mouvement, leur légende. Peu importe la rubrique.
En juin 2014, je rate le bord d’un trottoir, je me casse le poignet gauche. Vacances à vélo foutues. Avec une main valide, je reprends une passion qui a commencé il y a plus de 10 ans en Charentes Maritimes : revisiter en peinture les photos de journaux. Dans l’atelier, je les découpe, sans les recadrer, je les colle sur un carton. Le reste du journal se retrouve dans la poubelle jaune. Quand j’ai plusieurs heures devant moi, je prépare la peinture acrylique, les pinceaux, les crayons, les marqueurs…
Je parcours l’image, je cherche la porte d’entrée. Petit à petit, les couleurs trouvent leur place. Quand je doute, je les mets de côté pour les reprendre plus tard. En juin 2015, un an après, une tuile me tombe sur la tête ; j’arrête, je pose les pinceaux — je les reprendrai plus tard — mais je continue à lire les journaux au café.
Mariska Forrest




